Suite à la crise de la Covid-19, le télétravail a pris son envol dans de nombreux pays et s’est désormais installé dans la durée. Ce mode de travail hybride invite les salariés à revoir leur quotidien professionnel et, de par son impact considérable sur la vie personnelle comme professionnelle, il est intéressant de se pencher sur la question des déplacements quotidiens, voire des trajets domicile-travail.

Le télétravail a changé notre regard sur les déplacements

Le télétravail a modifié notre rapport aux trajets quotidiens.

En permettant aux collaborateurs de travailler depuis chez eux, il a réduit considérablement le nombre de personnes se rendant au bureau chaque matin. C’est particulièrement vrai dans les grandes métropoles où embouteillages et transports publics bondés étaient, encore récemment, le lot quotidien de beaucoup d’employés. Moins de voitures sur les routes, moins de passagers dans les bus, trains et métros… La conséquence immédiate est que le stress lié aux déplacements quotidiens a été largement atténué pour ceux qui ont encore besoin d’aller physiquement sur leur lieu de travail.

Cet effet bienfaisant se double d’une autre réalité constatée par les entreprises ayant mis en place un télétravail pérenne : la fatigue des salariés est réduite. Les longues heures consacrées aux transports du domicile au bureau et inversement sont désormais utilisées différemment, avec un gain certain en productivité. Les salariés profitent de ce temps précieux pour réaliser d’autres tâches – professionnelles ou non – contribuant ainsi à l’amélioration du rapport entre vie professionnelle et vie privée.

Enfin, la réduction des déplacements a eu un impact collatéral sur d’autres secteurs du quotidien. Avec davantage d’activité dans les zones résidentielles en journée, les commerces de proximité accueillent une clientèle plus assidue. Le nouveau visage du monde du travail a également redessiné les contours des habitudes de consommation avec une tendance marquée vers le localisme et un soutien accru des entreprises locales.

Quelles ont été les conséquences du télétravail sur les infrastructures de transport ?

La baisse de la demande de déplacements quotidiens a contribué à réduire la pression sur les infrastructures de transport.

Les villes ont pu réévaluer leurs priorités d’investissement en matière de transports publics et d’infrastructures routières. Certaines municipalités ont profité de l’accalmie pour accélérer des projets de rénovation, améliorer la qualité des routes et des transports en commun, et envisager des solutions plus durables et écologiques pour l’avenir.

Les compagnies de transport ont dû adapter leurs modèles économiques. La chute du nombre de passagers a poussé certains opérateurs à restreindre leur nombre de services, revoir leurs tarifs, et développer des stratégies pour capter à nouveau les usagers. Ce contexte particulier a également représenté une opportunité pour innover, notamment en adoptant davantage les technologies numériques pour gérer les flux de passagers et améliorer l’expérience utilisateur.

À côté de cela, la baisse d’utilisation des infrastructures a permis une diminution des coûts liés à leur entretien. Un aspect qui peut rapidement tourner au défi économique pour les opérateurs qui se doivent d’assurer un équilibre entre rentabilité et service public. Certaines villes en sont déjà à expérimenter des solutions de mobilité partagée et de micro-mobilité (vélos, trottinettes électriques…) pour répondre aux besoins changeants des citadins.

Le télétravail et son impact sur les déplacements quotidiens

Les bénéfices environnementaux et la dimension économique du télétravail

Sans conteste, c’est l’impact de cette nouvelle forme de travail sur l’environnement qui est le plus positif.

Moins de transports, moins d’émissions de CO2 : avec l’effet immédiat du télétravail sur la mobilité, les villes ont assisté à une amélioration de la qualité de l’air et une réduction des nuisances sonores qui ont rendu les milieux urbains plus agréables à vivre. Cet objectif d’une mobilité réduite et plus verte est d’ailleurs devenu un but affiché à long terme par de nombreuses politiques publiques.

Si le télétravail a pu être favorisé par la redéfinition d’une partie des modes de vie et des habitudes de consommation, il a aussi permis d’envisager d’autres façons de travailler.

Parmi les bénéfices environnementaux liés au télétravail, on peut noter :

  • Une diminution du trafic routier/ferroviaire (réduction des temps de trajet = meilleure qualité de vie),
  • Une baisse significative de la consommation énergétique des bureaux/tertiaire = empreinte carbone globalement réduite,
  • Un encouragement au développement du travail à distance = utilisation accrue des outils numériques – technologies vertes.

Sur le plan économique, cette nouvelle forme d’organisation a permis aux entreprises d’engranger des économies considérables. Réduction des besoins en espace bureau, baisse des dépenses liées aux déplacements professionnels, flexibilité accrue… Cette économie permet aux entreprises comme aux personnes d’optimiser les coûts.

Par ailleurs, la possibilité pour une entreprise ou un recruteur d’élargir sa recherche de talents au-delà des frontières géographiques classiques constitue une réelle opportunité de croissance et d’innovation pour les deux partis impliqués dans ce processus.

Mais cette nouvelle économie du télétravail ne va pas sans difficultés. Les secteurs qui dépendent directement de l’arrivée matinale et quotidienne des travailleurs tels que les cafés/restaurants ou encore les commerces qui se trouvent en zone tertiaire comme les quartier d’affaires doivent s’adapter pour ne pas disparaître. Si certains ont su relever le défi en diversifiant leur offre ou en étendant leur activité vers l’e-commerce, beaucoup doivent totalement repenser leur modèle économique.

 

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